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Le désir d'indépendance, l'aménagement avec un partenaire et la proximité avec le lieu de travail ou de formation sont les raisons invoquées le plus souvent.© CorbisLe désir d'indépendance, l'aménagement avec un partenaire et la proximité avec le lieu de travail ou de formation sont les raisons invoquées le plus souvent.

Les jeunes s'envolent tôt du douillet nid familial

A 21 ans, la moitié des jeunes a pris son propre appartement. Pour davantage d’indépendance et d’intimité

Prendre son propre logement est souvent une étape importante dans la vie d’un jeune. En Suisse, ce pas, ô combien symbolique, est franchi par un jeune sur deux à l’âge médian de 21 ans (voir le premier graphique ci-dessous). C’est ce qu’indiquait récemment le comparateur en ligne comparis.ch dans l’un de ses nombreux sondages. L’étude a été réalisée en ligne, en février, sur mandat par l’institut d’étude de marché GfK, auprès de 1005 jeunes adultes (Romands et Alémaniques) âgés entre 18 et 30 ans et qui ont déjà quitté le domicile parental.

Indépendance financière
Pour les auteurs du rapport, le système éducatif dual en Suisse est probablement une des raisons qui explique pourquoi les jeunes adultes quittent le foyer parental plus tôt chez nous que dans d’autres pays européens. «Ceux qui ont fait le choix de l’apprentissage peuvent, une fois la formation terminée, directement entrer dans la vie active et donc bénéficier d’une indépendance financière. Et l’apprentissage reste le diplôme le plus fréquent. De fait, les apprentis sont indépendants plus tôt que les étudiants: un apprenti sur deux fonde son premier ménage à 21 ans au plus tard», analysent-ils.

Les étudiants prennent en effet davantage de temps avant de s’installer. Ce n’est qu’à l’âge de 24 ans que la moitié des diplômés des universités et des hautes écoles spécialisées ont quitté la maison. Autrement dit, suivre une formation plus longue signifie quitter le domicile familial plus tardivement. «Fonder son propre foyer nécessite un revenu régulier, ce que les étudiants n’ont que rarement», commente comparis.ch.

S’agissant de la raison principale du départ, la majorité des personnes interrogées avance, dans l’ordre, le désir d’indépendance et de sphère privée, l’intention d’emménager avec un partenaire et la proximité avec le lieu de travail ou de formation (voir le second graphique).

Colocation peu appréciée
Les colocations sont moins appréciées, seul un quart des personnes interrogées se décidant pour une communauté d’habitat, remarque comparis.ch.

Les modes d’habitation divergent fortement entre les femmes et les hommes: les premières emménagent plus souvent avec un partenaire (44%) que les seconds (30%). A l’inverse, les jeunes messieurs semblent moins craindre la solitude et sont plus nombreux à prendre un appartement seul (41%) que les demoiselles (28%).

Sexuelles, les différences en matière de colocation sont aussi culturelles. Le choix de ce type de logement lors du départ du foyer familial est plus fréquent en Suisse allemande (28%) que de ce côté-ci de la Sarine (18%). Les jeunes Romands s’installent plus souvent avec un partenaire (45%) que les jeunes Alémaniques (37%).

 Il apparaît d’ailleurs que les jeunes Helvètes sont peu nombreux à changer de région linguistique. Ils restent profondément enracinés dans leur région d’origine, observe comparis.ch. Les personnes sondées sont en effet 96% à avoir élu domicile dans leur région linguistique, 70% étant restées dans leur canton, 47% dans leur district et 28% dans la même commune que celle de leurs parents.

Des chiffres qui étonnent, à l’heure ou on parle de plus en plus de mobilité et de village global. Cela ne signifie en rien que le vaste monde fait peur aux jeunes Suisses, tente d’expliquer comparis.ch. Pour qui les raisons pratiques semblent prépondérantes: «Généralement, le lieu de travail ou de formation est accessible facilement. Il n’y a donc pas vraiment de raison de déménager dans une région plus éloignée. Un tel déménagement pourrait même engendrer des déplacements professionnels plus longs et donc des coûts supplémentaires».

 

Fabrice Breithaupt